À la résidence Les Capucins, la cuisine d’ici et d’ailleurs à l’honneur
Il est 9 h 30 ce samedi matin à la résidence Les Capucins. Dans la grande cuisine, les parfums de coriandre fraîche emplissent déjà l’air. Sur les plans de travail, les ingrédients s’accumulent tandis que les casseroles commencent doucement à chauffer.
Peu à peu, la cuisine s’éveille : les couteaux s’activent, les sourires apparaissent, les premières conversations s’installent. Charlotte sur les cheveux et tablier noué à la taille, une quinzaine de personnes prend part ce matin à l’atelier « Cuisine d’ici et d’ailleurs », organisé dans le cadre de la Semaine des réfugiés.
Aux origines de l’atelier
Tout commence il y a deux ans, à partir d’un constat simple : dans les ateliers cuisine, que ce soit à la résidence Les Capucins ou au sein de L’Association Entraide Le Relais, de nombreux participants arrivent avec de véritables savoir-faire culinaires, mais sont peu partagés et mis en lumière.
Très vite, une idée s’impose : faire de la cuisine un prétexte à la rencontre. « Nous nous sommes rendu compte que la cuisine pouvait créer du lien et rompre l’isolement », explique Cécile, coordinatrice du projet Marmite de l’Association Entraide Le Relais.
« L’idée aujourd’hui c’est de faire se rencontrer des personnes qui ne se seraient pas forcément croisées : des habitants, des passionnés de cuisines, des curieux, des résidents de la résidence Les Capucins ou des participants des ateliers de la Marmite d’Entraide. On prend le temps de cuisiner ensemble, d’échanger autour des recettes, puis de partager le repas. C’est toujours un vrai moment de convivialité. Et la cuisine de la résidence s’y prête parfaitement : il y a de l’espace, du matériel, on peut y préparer de grands plats », explique Serge, chef de service à la résidence Les Capucins.
À la résidence Les Capucins, qui compte 72 résidents, ces temps de cuisine rythment la vie collective tout au long de l’année, à travers des ateliers et des fêtes saisonnières comme celles du printemps ou de l’été.

Des saveurs venues des quatre coins du monde
À leur arrivée, chacun suit ses envies, sucré ou salé, et rejoint la personne avec qui il va cuisiner. Sans se connaître, ils se retrouvent autour d’une même spécialité, prêts à apprendre et à transmettre les gestes de la cuisine.
Très vite, les plats prennent vie : sarma roulés avec soin, bolani dorés doucement, chorba, mantu, tajine, kabuli palao, baklava… Des recettes venues de Turquie, d’Afghanistan, d’Irak, de Guinée, d’Algérie et d’ailleurs.
Derrière chaque préparation, un souvenir affleure. « Cette recette me rappelle ma mère », glisse une participante en travaillant sa pâte.
Autour des plans de travail, les échanges s’installent naturellement. Les histoires circulent, les gestes s’apprennent, les cultures se rencontrent.
Peu à peu, la gêne des débuts laisse place à une complicité simple. « C’est un peu intimidant au début. C’était la première fois que je participais », raconte un participant. « On ne se connaissait pas, mais on a beaucoup échangé en jonglant entre l’anglais et le français. »

Les enfants à la dinette
Pendant que les adultes s’activent derrière les fourneaux, les enfants ne sont pas oubliés.
Dans un espace aménagé spécialement pour eux, Alexandra, animatrice, propose diverses activités. « Le terrain de jeux a beaucoup de succès », sourit-elle. « Cela permet aux parents de participer sereinement à l’atelier tout en venant avec leurs enfants. » Autour des jeux et des dinettes, les plus jeunes reproduisent à leur manière ce qu’ils observent chez les grands : le plaisir d’être ensemble.
De la préparation à la dégustation
Cette année, les règles ont légèrement changé. Ce sont les cuisiniers eux-mêmes qui dégustent les plats préparés et chacun peut inviter une personne à partager le repas.
Lorsque toutes les préparations sont enfin terminées, les tables se remplissent rapidement. Les participants goûtent les spécialités des autres. Les compliments fusent. Une participante découvre les secrets du baklava.
« L’année dernière, j’étais simplement venue manger », raconte-t-elle. « Cette fois, j’avais envie de participer. Je suis ravie d’avoir découvert les coulisses de la recette des baklavas, je ne l’imaginais pas du tout comme ça. Ce qui était passionnant, c’était aussi de voir tous les plats se préparer en même temps : une vraie effervescence. »
Bien plus qu’un atelier cuisine
Au fil des heures, quelque chose d’invisible s’est construit entre les participants. Des inconnus arrivés avec leurs recettes repartent avec des visages, des prénoms et des souvenirs communs.
Cette journée a rappelé une chose essentielle : il suffit parfois d’une table, de quelques ingrédients et d’un peu de temps partagé pour faire tomber les frontières.


