La première rencontre entre les résidents du SAJH (Structure d’Accueil de Jour et d’Hébergement) de Schiltigheim et les résidents du Foyer d’Accueil Spécialisé Air & Vie de la Fédération a été organisée le 13 mai 2026 à Marmoutier.

Aline, Arnauld, Christian, Marie-Rose, Pascal et Sylvain sont venus partager leur grande et riche expérience de résidents en établissement pour adultes. En véritables formateurs, ils ont répondu à plusieurs questions des résidents du FAS Air et Vie, qui découvrent depuis quelques mois la vie en collectivité en internat et le rôle d’adulte au sein de l’établissement.

Evoquer les droits des résidents avec le SAJH de Schiltigheim

Il était donc précieux pour les jeunes adultes de Marmoutier d’entendre leurs aînés parler de leur longue expérience en établissement et de combats qu’ils avaient pu mener. Ces échanges les ont fait réagir à de nombreux moments.

En effet, les paroles de leurs pairs expérimentés ont fait écho à leur nouvelle expérience en établissement pour adultes. Les sujets abordés concernaient autant le couple, la sexualité, l’intimité, la gestion de l’argent de poche, la relation aux parents ou aux tuteurs…

La question des relations amoureuses a donc été très rapidement abordée. Le choix d’avoir des relations avec « qui on veut », de pouvoir passer la nuit avec son chéri/sa chérie, la nécessité du consentement, la possibilité de se marier.

Sur ce dernier point, Pascal, militant et très engagé dans l’association « Nous aussi », a parlé du combat des personnes en situation de handicap pour obtenir ce droit sans qu’un tuteur ne puisse désormais s’y opposer [1]. Un autre de ses combats a été de promouvoir le vote pour tous et toutes [2].

De belles rencontres pour les résidents d’Air et Vie

Au SAJH, les résidents ont travaillé également à la notion de domiciliation. Chacun a une boîte aux lettres à son nom et y reçoit son courrier. Christian a ajouté que la présence de cette boîte aux lettres concrétise le fait qu’ils sont « chez eux, à la maison », en institution.

La gestion de l’argent de poche a également été évoquée. Un des résidents-formateurs du SAJH a expliqué qu’il avait vécu une relation difficile avec sa mère. Cette dernière ne payait pas son loyer et ne lui donnait pas d’argent de poche. Il en avait alors parlé à l’équipe éducative. Celle-ci l’avait accompagné dans des démarches administratives pour désigner un tuteur. Cela avait été très compliqué à vivre pour lui (il avait été très fâché contre sa mère). Il est très important pour les résidents que leurs droits soient respectés et qu’ils soient accompagnés en ce sens.

Partager son expérience

Aline a présenté un outil à l’ensemble du groupe. A savoir, un agenda personnel qui lui permet plus facilement de visualiser son engagement de la semaine. Elle le remplit le vendredi après-midi et visualise mieux les activités. Cela lui permet de mieux organiser son espace-temps, avec un outil d’adultes.

Arnauld a parlé de son projet personnalisé. Il aime beaucoup la musique et il rêvait d’être chef d’orchestre. Son rêve s’est réalisé grâce à l’accompagnement de l’équipe éducative. Il a pu diriger un orchestre aux côtés d’un professionnel. « Surtout… il ne faut jamais renoncer aux rêves », a-t-il raconté avec une joie encore palpable.

“Merci pour cette rencontre”

En guise de conclusion, un résident du FAS a remercié toute l’équipe du SAJH. « Merci pour cette rencontre qui m’a permis de sortir de mes troubles. Aujourd’hui, je n’y ai plus pensé, c’était bien. »

Sylvain s’est adressé à l’ensemble des résidents pour dire qu’ils avaient de la chance d’avoir Pascal présent à cette journée. « Pascal est un grand défenseur des droits des personnes handicapées. Il se bat pour faciliter leur accès dans les cinémas, les transports en commun… a souligné Sylvain. Grâce à lui, les gens à l’extérieur des structures vont devenir plus gentils avec les personnes qui ont un handicap. Bravo à lui et on l’applaudit très fort ! ».

La journée s’est clôturée sur ce mot d’ordre… dans un tonnerre d’applaudissements pour Pascal et ses pairs ! 


[1] La loi n°2019-222 du 23 mars 2019 a rénové en profondeur les règles applicables aux majeurs vulnérables afin de les renforcer dans leurs droits. Désormais, ils peuvent notamment voter, se marier ou se pacser sans l’autorisation préalable d’un juge.

[2] L’article 11 de la loi n°2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice a abrogé l’article L. 5 du code électoral. Il s’ensuit que les majeurs en tutelle qui étaient privés de leur droit de vote par une décision de justice ont recouvert ce droit. Pour voter, ils doivent effectuer une demande d’inscription sur les listes électorales de leur commune selon la même procédure que les autres électeurs.