Une vocation qui se dessine dès sa formation

Depuis toute jeune, Nathalie savait qu’elle voulait accompagner des enfants en difficulté. Sa formation d’éducatrice de jeunes enfants, ses expériences en pédopsychiatrie et au sein d’un orphelinat au Maroc ont confirmé son envie d’être à leurs côtés au quotidien.

En 2005, Nathalie découvre une annonce d’éducatrice spécialisée à la Maison d’enfants Le Chalet, à Rimbach-près-Guebwiller. Malgré la distance, elle postule. « Je me suis lancée… et finalement, je suis toujours là, plus de vingt ans après ! »

Pendant toutes ces années, elle partage le quotidien des enfants accueillis. « Ce que j’aime dans ce métier, c’est vraiment être avec eux, partager leur quotidien, les bons moments comme les moments plus compliqués. »

Une nouvelle fonction : coordinatrice famille

Depuis janvier 2024, Nathalie a changé de fonction. Elle est désormais coordinatrice famille. « Je reste en lien avec les enfants, mais aujourd’hui j’ai davantage de temps consacré aux familles. »

Visites médiatisées, visites à domicile, rencontres entre frères et sœurs, travail avec les TISF (Techniciennes de l’Intervention Sociale et Familiale)… Ses journées sont bien remplies. Elle accompagne aussi les parents dans leur rôle éducatif.

« Parfois, il suffit de reprendre les bases et de les aider à poser un cadre. » Son expérience lui permet également d’être une personne ressource pour les éducateurs. « Quand une situation est compliquée, ils peuvent venir me voir. On réfléchit ensemble, je peux leur apporter mon regard ou prendre le relais. »

Un quotidien au Chalet sans journée type

Pour Nathalie, aucune journée ne se ressemble vraiment. Les réunions, les visites, les appels aux familles, les échanges avec les éducateurs et les tâches administratives rythment son quotidien. Et puis, il y a les personnes qui passent la porte de son bureau. « Ma porte est toujours ouverte. Les enfants, les parents, les collègues peuvent venir me voir. » Une disponibilité qu’elle apprécie, même si elle reconnaît qu’il est parfois difficile de trouver du temps pour tout faire.

Garder le lien entre frères et sœurs

Une mission lui tient particulièrement à cœur : permettre aux frères et sœurs placés dans différents établissements de continuer à se retrouver.

« Pour moi, c’est vraiment important qu’ils puissent garder ce lien. Même s’ils ne vivent plus ensemble, ils restent frères et sœurs. »

Pendant les vacances, elle organise leurs rencontres, parfois sur plusieurs heures, afin qu’ils puissent simplement profiter d’être ensemble.

« Seule sans être seule »

Être la seule coordinatrice famille de la structure peut parfois donner l’impression d’être seule face aux situations. « Je suis seule dans mon poste, mais je ne suis pas isolée. » Elle peut compter sur les chefs de services, les éducateurs et sur la psychologue lorsqu’une situation devient trop complexe. « On en parle, on réfléchit autrement et ça permet de prendre du recul. »

Quand les situations n’avancent plus

Ce qui est le plus difficile pour Nathalie, ce ne sont pas forcément les désaccords avec les familles. « Ce qui me pèse, c’est quand j’ai l’impression qu’on a tout essayé et que rien ne bouge. »

Dans ces moments-là, elle peut avoir le sentiment de ne pas être utile. Mais elle continue de chercher, d’échanger et de se former pour mieux accompagner les familles. Après deux formations dans l’accompagnement des familles, elle envisage notamment une formation diplômante de médiatrice familiale.

Des projets pour les familles

Nathalie ne manque pas d’idées ! Elle souhaite faire évoluer la Maison des Familles, située près du Chalet, d’un lieu d’accueil pour les visites vers un véritable espace d’hébergement pour les familles.

« J’aimerais en faire un lieu chaleureux et adapté, où parents et enfants peuvent se retrouver. »

Elle imagine aussi des ateliers autour des devoirs, de la cuisine ou encore de l’utilisation des téléphones et des écrans.

« Au fond, ce qui m’anime depuis le début, c’est de créer du lien et d’essayer de faire avancer les choses. »